Bouillons, soupes et plats mijotés en hiver : intérêt réel ou simple tradition ?
- Ludivine

- il y a 2 jours
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Chaque hiver, les cuisines se remplissent d’odeurs de potages, de légumes mijotés, de bouillons longuement frémis. On parle de tradition, de réconfort, de cuisine « d’antan ».
Mais si ces pratiques culinaires avaient aussi une véritable cohérence biologique ?
En naturopathie, l’alimentation n’est jamais analysée hors contexte.
Le corps n’a pas les mêmes priorités en janvier qu’en juillet.
Comprendre cela permet de distinguer la tradition de l’adaptation physiologique.
L’hiver : une saison de mobilisation énergétique
En période froide, l’organisme doit maintenir sa température interne autour de 37°C. Cette thermorégulation mobilise de l’énergie métabolique.
Par ailleurs, la diminution de l’ensoleillement influence :
la sécrétion de mélatonine
le rythme circadien
l’humeur
la vitalité générale
Le système immunitaire est également davantage sollicité par la circulation des virus saisonniers.
Résultat : le corps recherche naturellement des apports plus denses, plus chauds et plus faciles à transformer.
Ce n’est pas une question de « réconfort psychologique » uniquement. C’est une adaptation neuro hormonale et métabolique.

Les bouillons en hiver : un intérêt digestif sous-estimé
La cuisson longue modifie profondément la structure des aliments.
Les fibres végétales sont attendries, certaines protéines partiellement dénaturées, les tissus conjonctifs solubilisés. Cette transformation rend les nutriments plus accessibles et diminue le travail mécanique et enzymatique nécessaire à la digestion.
Dans un contexte de fatigue hivernale, cela a du sens.
Un système digestif sursollicité consomme une part importante de l’énergie disponible. Une alimentation plus digeste permet de rediriger cette énergie vers :
l’immunité
la réparation cellulaire
l’adaptation au froid
Les bouillons d’os traditionnels, lorsqu’ils sont préparés lentement, peuvent également apporter des acides aminés comme la glycine ou la proline, impliqués dans les tissus conjonctifs. Leur concentration reste variable, mais leur intérêt potentiel existe.
Intestin, microbiote et immunité : un lien central
Près de 70 % des cellules immunitaires résident dans l’intestin.
L’hiver étant une saison à forte pression infectieuse, soutenir l’équilibre digestif prend tout son sens.
Les soupes riches en légumes variés apportent :
fibres prébiotiques
antioxydants
composés phytochimiques
micronutriments
Cette diversité végétale nourrit le microbiote, qui à son tour module la réponse immunitaire et l’inflammation.
Les bouillons en hiver peuvent ainsi participer indirectement à la résilience immunitaire, à condition qu’ils s’intègrent dans une alimentation globalement équilibrée.

La question de la densité énergétique
Les plats mijotés associent souvent protéines, légumes, légumineuses ou céréales. Cette combinaison favorise :
une libération progressive du glucose
une meilleure satiété
une stabilité énergétique
En hiver, les fringales sucrées sont fréquentes, notamment en lien avec la baisse de lumière et la fatigue nerveuse.
Des repas structurés et chauds contribuent à limiter ces fluctuations glycémiques.
La cuisson lente améliore également la tolérance de certaines légumineuses, réduisant les inconforts digestifs.
Thermorégulation et effet du chaud sur le système nerveux
L’ingestion d’aliments chauds active des récepteurs thermiques et participe à une sensation de sécurité physiologique.
Le chaud stimule indirectement le nerf vague, impliqué dans la régulation parasympathique. Or, l’hiver est souvent associé à un stress accru (rythme, infections, fatigue).
Manger chaud, dans un cadre apaisé, participe donc à la régulation du système nerveux. Ce point est souvent négligé.
Les limites : tout n’est pas bénéfique par défaut
L’intérêt des bouillons en hiver dépend de leur qualité.
Certaines soupes industrielles sont très riches en sel et pauvres en fibres. Certains plats mijotés traditionnels peuvent être excessivement gras.
De plus, une cuisson prolongée peut réduire certaines vitamines thermosensibles (comme la vitamine C).
La clé réside dans :
la variété des légumes
la modération des matières grasses
l’ajout d’herbes fraîches ou d’oléagineux au moment du service
l’équilibre global de la semaine alimentaire
La tradition doit être adaptée au contexte moderne.
Lecture naturopathique : adapter, ne pas rigidifier
En naturopathie, l’alimentation saisonnière est un principe d’adaptation.
En hiver, on privilégie :
les aliments réchauffants
les cuissons longues et douces
les légumes racines
les potages nourrissants
les apports protéiques suffisants
Mais cela ne signifie pas exclure toute crudité ou toute fraîcheur.
L’adaptation se fait selon le terrain, la vitalité digestive et l’activité physique.

À Remouillé, dans le Sud Loire et le Vignoble Nantais, j’accompagne les personnes souhaitant adapter leur alimentation à leur vie et à la saison. La prise de rendez-vous est possible via: https://www.helleboreharmonie.com/prise-de-rendez-vous
Vous pouvez approfondir avec mes articles sur la fatigue hivernale : https://www.helleboreharmonie.com/blog/fatigue-hivernale
Et sur l’alimentation selon le terrain :
La naturopathie est une approche complémentaire et ne se substitue pas à un suivi médical.
Tradition éclairée ou simple nostalgie ?
Les bouillons, soupes et plats mijotés ne sont pas seulement des héritages culturels.
Ils correspondent à une adaptation cohérente aux besoins hivernaux : digestion facilitée, soutien immunitaire, stabilité énergétique et régulation nerveuse.
La tradition devient pertinente lorsqu’elle est comprise et ajustée. Elle devient inutile lorsqu’elle est reproduite sans discernement.
En hiver, la question n’est pas de « manger plus », mais de manger plus adapté.
Sources
– INSERM – Microbiote intestinal et immunité
– ANSES – Repères nutritionnels pour adultes
– Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE)
– Fondation pour la Recherche Médicale – Inflammation et alimentation







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