Quel est le lien entre envie de sucre fatigue ou/et stress ?
Il est 17H00. La journée a été longue, la concentration commence à diminuer et l'envie d'un morceau de chocolat, d'un biscuit ou d'un encas sucré apparaît.
Ou peut-être est-ce plutôt le soir, vous avez dîné, vous n'avez pas réellement faim, mais l'envie de quelque chose de sucré est bien présente.
Dans ces moments-là, une petite phrase revient souvent : « Je manque de volonté », « je devrais réussir à résister », « j'ai encore craqué ».
Et si nous changions de regard ?
Nos envies alimentaires ne dépendent pas uniquement de notre volonté.
Le sommeil, le stress, la composition de nos repas, nos habitudes, nos émotions et les circuits de récompense de notre cerveau influencent tous notre comportement alimentaire.
Une envie de sucre peut donc être beaucoup plus intéressante à comprendre qu'à combattre.
Dans mon cabinet de naturopathie à Remouillé (près de Nantes Sud et du Vignoble Nantais), cette notion revient régulièrement lorsque nous travaillons sur l'alimentation, le poids, la fatigue ou le stress.
Alors, que se passe-t-il réellement dans notre organisme lorsque nous sommes fatigués ou stressés ?

Envie de sucre et fatigue : le cerveau ne réagit pas de la même manière lorsqu'il manque de sommeil
Lorsque nous ne dormons pas suffisamment, nous ne sommes pas simplement « un peu plus fatigués ».
Le sommeil participe à la régulation de très nombreuses fonctions de l'organisme. Lorsqu'il est insuffisant ou de mauvaise qualité, les mécanismes qui interviennent dans l'appétit, la satiété et nos choix alimentaires peuvent eux aussi être perturbés.
Certaines études montrent notamment qu'un manque de sommeil peut augmenter la faim et rendre les aliments très appétissants, notamment sucrés ou riches en énergie, plus attirants.
On parle souvent de deux hormones : la ghréline, impliquée notamment dans le signal de faim, et la leptine, qui participe à la régulation des réserves énergétiques et de la satiété.
Mais réduire nos envies alimentaires à ces deux hormones serait beaucoup trop simpliste.
Le cerveau, les hormones, notre niveau d'énergie, nos habitudes, notre environnement et notre état émotionnel fonctionnent ensemble.
Après une mauvaise nuit, résister à une viennoiserie posée dans la salle de pause peut donc réellement être plus difficile qu'après une nuit réparatrice.
Ce n'est pas une raison pour considérer que toutes les envies de sucre sont « hormonales ».
Mais c'est déjà une bonne raison pour arrêter de tout attribuer à un manque de volonté.
Pourquoi le cerveau apprécie t-il autant les aliments sucrés ?
Le glucose constitue une source d'énergie majeure pour l'organisme et notamment pour le cerveau.
Mais cela ne signifie pas que chaque envie de chocolat correspond à un cerveau « en manque de sucre ».
Les aliments agréables au goût activent également les circuits cérébraux associés au plaisir, à la motivation et à la récompense. Et lorsque nous sommes fatigués, contrariés ou soumis à une journée particulièrement exigeante, ces aliments peuvent devenir encore plus attirants.
Notre histoire personnelle intervient également.
Le gâteau associé à l'enfance, le chocolat dégusté devant une série après une journée difficile ou le biscuit systématiquement pris avec le café peuvent progressivement devenir associés à une sensation de pause, de réconfort ou de plaisir.
C'est ce qui explique aussi pourquoi une envie alimentaire n'est pas toujours synonyme de faim.
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Apprendre à distinguer faim, satiété et envie permet justement de mieux comprendre ces différents signaux sans avoir besoin de les juger.

Le stress peut-il réellement nous donner envie de sucre ?
Lorsque nous rencontrons une situation stressante, notre organisme met en place une réponse physiologique destinée à nous permettre de nous adapter :
Le cortisol fait partie de cette réponse. Il intervient notamment dans la mobilisation et la disponibilité de l'énergie.
À court terme, cette réaction est normale et utile, mais, lorsque les situations stressantes se répètent, notre comportement alimentaire peut également évoluer.
Certaines personnes perdent l'appétit lorsqu'elles sont stressées, d'autres mangent davantage et d'autres encore recherchent plus volontiers certains aliments particulièrement agréables et énergétiques.
C'est pourquoi il faut se méfier d'un raccourci très répandu aujourd'hui :
« Si vous avez envie de sucre, c'est parce que votre cortisol est trop élevé. »
La physiologie humaine est rarement aussi simple.
Le stress peut contribuer à modifier nos comportements alimentaires, mais il interagit avec notre sommeil, notre état émotionnel, nos habitudes, notre alimentation et notre environnement.
👉à lire également : Alimentation et Système Nerveux : quand manger devient un acte de régulation intérieure
Comprendre ces interactions permet de sortir d'une vision très mécanique de l'alimentation : nous ne mangeons pas uniquement pour fournir des calories à notre organisme.
Et la glycémie dans tout ça ?
C'est probablement l'une des explications les plus fréquemment rencontrées sur les réseaux sociaux :
Une envie de sucre à 16 heures serait forcément provoquée par un « pic de glycémie », suivi d'un « crash glycémique ».
Là encore, la réalité mérite davantage de nuance :
Après un repas contenant des glucides, la glycémie augmente naturellement. L'organisme sécrète notamment de l'insuline afin de permettre au glucose d'être utilisé ou stocké. Chez une personne en bonne santé, ces variations font partie du fonctionnement physiologique normal.
Avoir envie d'un gâteau dans l'après-midi ne signifie donc pas automatiquement être en hypoglycémie.
Une véritable hypoglycémie correspond à une baisse anormale du glucose sanguin, elle concerne particulièrement certaines personnes diabétiques traitées et peut provoquer une faim inhabituelle, des sueurs, des tremblements, des vertiges, une faiblesse ou des difficultés de concentration.
En revanche, la composition de nos repas influence bel et bien notre satiété et la façon dont nous traversons les heures suivantes.
Et c'est là que les choses deviennent intéressantes.
Avant de supprimer le goûter, regardons le repas précédent
Lorsqu'une personne me dit avoir systématiquement envie de sucre dans l'après-midi, ma première question n'est pas : " Comment allons-nous supprimer le sucre ? "
Je préfère comprendre ce qui s'est passé auparavant :
Un petit-déjeuner très léger, un déjeuner avalé rapidement ou une salade insuffisamment nourrissante peuvent tout simplement conduire à avoir faim quelques heures plus tard.
Les protéines, les fibres, les matières grasses et les glucides ont tous leur place dans une alimentation équilibrée, ensemble, ils participent notamment à la satiété et permettent de construire des repas suffisamment nourrissants.
Imaginez une personne qui commence sa journée avec un café et deux tartines, déjeune d'une petite salade à midi, enchaîne les rendez-vous et arrive à 17 heures épuisée.
Son envie de chocolat n'est peut-être pas un problème à supprimer.
Elle a peut-être simplement faim, et reconnaître cette faim change complètement la façon d'y répondre.

Et si vouloir supprimer le sucre renforçait parfois son attirance ?
Il existe un autre mécanisme qu'il est important d'aborder : la restriction.
« À partir de lundi, j'arrête complètement le sucre. » « Plus aucun dessert. » « Le chocolat, c'est terminé. »
Pendant quelques jours, ces règles peuvent donner l'impression de reprendre le contrôle, mais plus un aliment devient interdit, plus il peut également prendre de place mentalement.
Puis arrive une journée particulièrement difficile, on mange un carré de chocolat, puis deux...
Et une pensée apparaît : « Tant pis, j'ai craqué. »
Le problème n'était peut-être pas le premier carré de chocolat, mais toute la règle construite autour de lui.
Une alimentation équilibrée n'exige pas une alimentation parfaite, le plaisir alimentaire a toute sa place dans une relation saine avec la nourriture.
👉 à lire également : Alimentation intuitive : retrouver une relation sereine, durable et incarnée avec son corps
L'alimentation intuitive permet justement de réinterroger cette opposition permanente entre aliments "autorisés " et aliments " interdits" pour retrouver davantage d'écoute corporelle et de souplesse.
Avant de lutter contre une envie de sucre, apprenez à l'observer
Une envie ponctuelle de chocolat, de dessert ou d'une pâtisserie n'a rien d'anormal.
Mais lorsque ces envies deviennent quotidiennes, très intenses ou difficiles à maîtriser, elles peuvent constituer une information intéressante.
Avant de chercher à les faire disparaître, essayez simplement de vous demander :
-Ai-je réellement faim ?
-Mon dernier repas était-il suffisamment nourrissant ?
-Comment ai-je dormi cette nuit ?
-Suis-je particulièrement stressé(e) aujourd'hui ?
-Cette envie apparaît elle toujours au même moment ?
-Est-elle associée à une habitude, une émotion ou un contexte particulier ?
-Est-ce que je m'interdis tellement cet aliment qu'il occupe une grande place dans mes pensées ?
Il n'y a pas nécessairement une seule réponse, c'est souvent l'accumulation de plusieurs facteurs qui explique pourquoi certaines journées se terminent sans aucune envie particulière alors que d'autres semblent être ponctuées d'une succession d'envies alimentaires.
Quand faut-il aller plus loin ?
Toutes les envies de sucre ne nécessitent évidemment pas une consultation, en revanche, une faim ou une soif inhabituelle et persistante, des urines très fréquentes, une fatigue importante, une variation inexpliquée du poids ou tout autre symptôme nouveau méritent d'être abordés avec votre médecin.
De même, lorsque l'alimentation devient source de compulsions, de perte de contrôle, de restriction importante, de culpabilité ou de souffrance psychologique, chercher simplement des astuces pour ne plus manger de sucre n'est pas suffisant.
Un accompagnement médical, diététique et/ou psychologique adapté peut alors être nécessaire.
Comment je vous accompagne
Au sein de mon cabinet de naturopathie à Remouillé (44140) , j'accompagne les personnes qui souhaitent retrouver une relation plus équilibrée avec leur alimentation, mieux comprendre leurs sensations corporelles et agir sur les différents facteurs susceptibles d'influencer leur comportement alimentaire.
L'objectif n'est pas de vous remettre une liste d'aliments interdits, nous observons ensemble votre alimentation, la composition et le rythme de vos repas, votre sommeil, votre digestion, votre niveau de stress, votre activité physique et votre contexte de vie.
Lorsque le stress ou les émotions occupent une place importante, mon approche peut également intégrer des outils de relaxation, de respiration, de réflexologie ou d'EFT.
Dans le cadre de mon accompagnement Corps en Confiance, ce travail s'inscrit dans une démarche progressive visant à retrouver une alimentation plus sereine, une meilleure écoute du corps et des habitudes compatibles avec votre quotidien.
Chaque accompagnement est personnalisé selon votre situation et vos objectifs.
Les consultations sont possibles au cabinet à Remouillé, dans le Vignoble Nantais, ainsi qu'à distance.
Votre envie de sucre n'est peut-être pas votre ennemie
Elle peut être une information. Avant de chercher à contrôler votre corps, il peut donc être beaucoup plus intéressant d'apprendre à l'écouter. Parce que comprendre pourquoi un comportement apparaît permet souvent d'agir beaucoup plus durablement que de simplement essayer de l'interdire.
Votre corps n'a pas toujours besoin de davantage de contrôle. Il a parfois simplement besoin d'être mieux compris.
La naturopathie s'inscrit dans une démarche complémentaire et ne se substitue ni à un diagnostic, ni à un traitement, ni au suivi d'un professionnel de santé.
Sources
• ANSES – Travaux et rapports consacrés aux rythmes alimentaires, au sommeil et aux comportements alimentaires.
• INSERM – Dossier Sommeil : données relatives aux conséquences du manque de sommeil sur l'organisme et la régulation de l'appétit.
• Assurance Maladie (ameli.fr) – Informations médicales sur la glycémie et l'hypoglycémie.
• Santé publique France – Recommandations relatives à l'alimentation, à l'activité physique et aux comportements favorables à la santé.






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